Droits TV : guerre entre les diffuseurs et les plateformes de streaming

Régie de la chaine de TV téléfoot

La guerre des droits TV fait rage dans le monde du sport français. Notamment dans le football où l’arrivée de Mediapro a mis fin au duopole CANAL + et beIN Sport. D’ailleurs, cette nouvelle donne des droits payants, pour le sport, a mis en exergue la pratique du streaming illégal. Entre les diffuseurs historiques et le streaming, la diffusion du sport n’a jamais été aussi forte et contestée en France. Les diffuseurs historiques sont en appel à l’État pour mettre un terme à une concurrence déloyale.

 

Media pro, nouvel acteur des droits TV

Le sujet sur les droits TV dans le sport n’a jamais été aussi fort et bouillant depuis l’arrivée de Mediapro. Le quatrième diffuseur sportif en France a raflé la mise des droits de la Ligue 1 et de la Ligue 2. En plus de cela, il faut ajouter les droits pour la Ligue des Champions et la Ligue Europa. Le problème autour de Mediapro, qui concentre toutes les critiques : son modèle économique. La chaîne a jubilé lorsqu’elle a chipé les droits de diffusions sportifs à CANAL+ et beIN Sport.

Plateau principal de la chaine Téléfoot

Le diffuseur espagnol a lancé en grande pompe à la fin du mois d’août ses offres d’abonnement. Par ailleurs, son association avec Netflix apparaît comme une grande réussite à l’époque. Cette alliance inédite à hauteur de 29,90 € par mois semble être un bon mariage. Ainsi, à partir de 19,90 € par mois sur mobile uniquement ; 25,90 € pour l’engagement d’un an ; puis 29,90 € avec Netflix, Mediapro a tout pour convaincre.

 

Qui est Mediapro, nouveau diffuseur du football en France ?

  • 1 milliard d’euros dépensés pour la Ligue 1 ;
  • Trois offres d’abonnement à partir de 19,90 € par mois ;
  • Seulement 600 000 abonnés au lieu des 3,5 millions espérés.

 

Mediapro relance la pratique du streaming illégal

Ces offres d’abonnement et le casting de la chaîne ont démontré la préparation de la nouvelle chaîne tel foot pour accompagner les fans de la Ligue 1. En plus de cela, la chaîne propose de nouveaux programmes avec des têtes d’affiche bien connus, des abonnés de beIN Sport, accompagnés d’anciens joueurs de la Ligue 1.

Pourtant, le diffuseur espagnol ne présente pas de garanties solides sur le plan financier. En octobre, les premiers nuages planent sur le foot français sur le paiement de la première tranche de 172 millions d’euros. Mediapro est mis en demeure, la Ligue 1 coule sous la sueur,  l’enjeu des droits TV pour les clubs en France est essentiel, puisque 80% d’entre eux assurent leurs revenus grâce aux droits de diffusion à la télévision. Le blocage de Mediapro suscite les plus grandes inquiétudes du football Français.

De plus, les nouveaux droits TV reposent sur un business plan ambitieux de la part de Mediapro. En effet, le diffuseur sportif espagnol mise sur 3,5 millions d’abonnés pour amortir ses investissements. À l’instar de beIN Sport, à l’époque qui indiquait le même chiffre, sauf que Mediapro a accumulé les défaillances. D’une part les difficultés techniques, d’autre part l’offre d’abonnement jugé excessive a condamné mediapro et son modèle économique.

En privant les abonnés historiques de CANAL+ et beIN Sport, Mediapro a participé à la croissance du streaming sportif et des abonnements IPTV illégaux.

 

Les conséquences du streaming sportif illégal sur Mediapro :

  • 300 millions d’euros de pertes pour le diffuseur espagnol ;
  • Absence de plusieurs centaines de milliers d’abonnés ;
  • Environ 300 000 personnes regardent un match de football en ligne.

 

Le streaming sportif illégal fait de l’ombre aux chaînes sportives

La principale source de revenus de ces chaînes sportives sont les abonnements. Le plus souvent, il faut cumuler les abonnements TV pour visionner la Ligue 1, les championnats étrangers et les coupes d’Europe. En l’occurrence, une facture qui avoisine la cinquantaine d’euros.

Jaume Roures, dirigeant du groupe Mediapro (téléfoot)

C’est pourquoi les plateformes de streaming s’inscrivent dans une lutte pour garantir un contenu gratuit et de qualité. Pour être complet, le streaming sportif s’oppose à cette multiplication des abonnements. En outre, les propriétaires de plateformes de streaming dénoncent le prix des abonnements TV sportifs. Par conséquent, les plateformes de streaming sur la Ligue 1 ou les autres contenus de sports ont recueilli des millions d’abonnés. Il est vrai que l’inscription gratuite et la forte audience sur Internet y participe. D’autant plus vrai que la croissance du streaming poursuit sa hausse. Ces « robins des bois du sport » attirent des millions de clients potentiels pour les chaînes. Selon Cnet France, 3,5 millions de personnes regardent le sport en streaming illégal.

 

Ce qu’il faut retenir du streaming sportif illégal :

  • 3,5 millions de personnes visionnent du contenu sportif illégalement ;
  • des millions d’euros de pertes pour les diffuseurs sportifs ;
  • un marché de plusieurs millions d’euros pour les diffuseurs de streaming.

 

30 millions de perte pour CANAL+ mais peu de sanctions pénales

Les diffuseurs historiques du sport français ont contre-attaqué à plusieurs reprises pour lutter contre ce fléau. Les pertes sont énormes pour les diffuseurs sportifs qui investissent des centaines de millions d’euros. Cette bataille juridique entre diffuseurs sportifs français et les plateformes de streaming vise le bon sens. Pour CANAL+, beIN sport et RMC Sport c’est un enjeu financier et politique considérable.

De nombreux recours ont lieu sur le terrain judiciaire, le dernier en date a permis de condamner quatre personnes. Après la plainte de CANAL+, beIN Sport et RMC Sport, dont les dommages sont chiffrés à 30 millions d’euros depuis 2017 pour la chaîne cryptée. Cependant, l’offensive des chaînes sportives reste marginale. En effet, le marché du streaming sportif illégal ou de l’IPTV est organisé. Il est très difficile pour les chaînes cryptées de cumuler les recours. Pourtant, les pertes financières sont grandes. Elles se chiffrent en millions d’euros pour les diffuseurs sportifs historiques. Concernant le streaming sportif illégal, il a profité de l’arrivée de mediapro pour recruter des abonnés.

 

Louis Oeuvrard

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