Les Streamers : l’émergence des nouveaux acteurs de la communication

Le streaming en direct fait de plus en plus d’adeptes, plus qu’un loisir, c’est une pratique qui requiert des compétences à la fois techniques et discursives. Lanfey, étudiante en communication et streameuse sur Twitch nous parle de son activité. 

Lanfey, jeune femme streameuse sur Twitch
©Lanfey ©Twitch

Le réseau social Twitch, autrefois étiqueté de plateforme principalement gaming, attire de plus en plus de créateurs de divers contenus. Une tendance particulièrement visible dès mars 2020 avec le premier confinement en France.

 

Streamer, c’est quoi ?

Le terme tient ses racines de l’anglais « streaming » qui, traduit au sens figuré, signifie en français « diffusion en flux continu » d’un audio ou d’une vidéo, comme l’explique le JDN. Streamer, c’est dans notre cas diffuser un flux audiovisuel en direct sur une plateforme dédiée. C’est aussi le qualificatif de ses nouveaux usagers : les « streamers ». Ces derniers se filment parfois en face caméra pour commenter leur session de jeu-vidéo, animer des événements et des discussions… qu’ils diffusent en direct sur internet.

« Le live est un format vraiment exponentiel. C’est un partage en direct avec les gens. Alors certes tu ne les vois pas forcément, mais eux ils te parlent, ils te voient, ils t’entendent. », explique Lanfey, qui compte plus de 900 followers sur Twitch.

Pendant les deux premiers mois de confinement, (mars et avril 2020), la plateforme a enregistré une forte augmentation de 50% de fréquentation de son public, avec « 1,645, milliard d’heures de visionnage » sur le mois. Fait notable, c’est la catégorie « Just Chatting* », qui est utilisée par l’ensemble des streamers (joueurs ou non), qui a dépassé les 134 millions d’heures de vues.

Une catégorie souvent utilisée par Lanfey, notamment avec son format « Lantalk », un live entièrement dédié à la discussion et qui porte sur un sujet précis. Par exemple celui des pervers.es narcissiques qui a déjà été abordé par la créatrice.

 

 

Fédérer une communauté

« Construire une communauté qui est là pour toi, c’est très difficile. Et avec le nombre de personnes qui commencent à streamer de plus en plus, c’est vraiment très dur de se démarquer. » explique Lanfey. Pour ce faire, le streamer devient un peu plus, un créateur de contenu. Au même titre qu’un vidéaste sur YouTube, le streamer fédère sa communauté autour de plusieurs contenus, communs à une même thématique ou passion qui lui est chère. Chez Lanfey, c’est entre autres une ambiance de « confrérie de pirates » ou la parfaite métaphore du Capitaine (le streamer) et de son équipage (la communauté) : « sans streamer il n’y a pas de communauté, et un streamer sans sa communauté il ne fera pas grand-chose de sa chaine Twitch… ». C’est un lien de « fraternité » entre « viewers et streamers » qui se développe en partageant les mêmes « goûts et humour », selon ses mots.

Un univers co-construit, qui jette l’ancre autant dans « la fantaisie » que « le fantastique », précise Lanfey. Notamment avec la création de son personnage du même nom, inspiré de ces derniers. « Je suis beaucoup l’actualité des séries, du cinéma et des jeux-vidéos. C’est de là que m’est venu mon format des « Actus Pop Culture ». Un rendez-vous de chaque début de mois, où Lanfey présente les prochaines sorties.

Cet ensemble repose sur deux concepts communicationnels. La ligne éditoriale qui est très clairement définie via l’identité même de la chaine. Et le storytelling, avec une histoire racontée via le personnage de Lanfey dans le but de partager ses passions.

 

La professionnalisation des streamers : l’envers du décor

Si l’aspect interactif est important pour le public, la partie technique qui est souvent la face cachée du plus gros du travail du créateur, l’est tout autant. « J’apprends tout en autodidacte. Idem concernant les lives, j’ai tout appris seule. Streamslabs*, je connaissais que dalle. J’ai tout appris via des tutos sur YouTube. » Comme la plupart des streamers qui tentent l’aventure, les connaissances ne sont pas toujours innées. Comme Lanfey, ils endossent plusieurs casquettes. C’est un investissement de temps. « Je m’investissais énormément en dehors des cours et des examens. La phase 2019-2020 a été celle de l’apprentissage. Je pense encore apprendre davantage durant les prochaines années. »

Au-delà de Twitch, le streamer pense sa communication de manière plus large. A l’image de Lanfey qui est présente sur Discord, Twitter, Instagram, et YouTube. Une stratégie que l’on retrouve au sein des métiers de la communication, avec pour finalité, l’adaptabilité aux différents supports de communication.

 

Diversifier les supports de communication

« Pendant le confinement (mars à avril), je n’ai pas pu streamer à cause de ma mauvaise connexion. J’étais très frustrée à cette période-là, de ne pas pouvoir créer du contenu. » Pour pallier cette situation, Lanfey a ouvert sa chaine YouTube pour pouvoir s’entrainer à l’écriture et au montage vidéo. Dans le but de créer du contenu sous un nouveau format.

En plus d’un investissement de temps et d’argent, streamer est devenu le métier de certains chanceux qui parviennent à en vivre. Loin de la vision romantique de l’auto-entrepreneur indépendant d’internet, c’est « le métier le plus difficile, mentalement parlant qu’il m’ait été donné de faire », conclue Lanfey.

 

Définitions :

Just Chatting * : « Discussion » est l’une des nombreuses catégories disponibles sur Twitch, le contenu diffusé regroupe principalement des discussions et des émissions.

Streamlabs * : est un logiciel de streaming en direct qui permet de gérer les interactions entre le streamer et son chat (afficher les dons en live, messages personnalisés etc..). Il est utilisé sur les plateformes telles que Twitch, YouTube Live et Facebook Live.

 

Kenza M

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