Ecologie : quel impact environnemental du télétravail ?

dessin d'un bureau

Depuis le début de l’année 2020, les citoyens français ont dû apprendre à vivre avec le COVID-19. Masques, distanciation sociale, couvre-feu, confinement… Et qui dit confinement, dit télétravail ! Différentes entreprises ont dû pousser leurs employés à installer leur bureau dans leur maison. Cette situation temporaire s’est finalement installée dans le quotidien de beaucoup de français. En apparence, cette pratique a de nombreux points positifs. Mais qu’en est-il de l’empreinte écologique du télétravail ? Ecologie et télétravail font-ils bon ménage ? Plusieurs critères entrent en ligne de compte pour évaluer l’impact du télétravail sur notre chère planète.

La diminution des trajets, un point fort du télétravail pour l’écologie

Selon l’INSEE, 7 français sur 10 utilisent leur véhicule pour se rendre sur leur lieu de travail. Ces trajets professionnels représentent 57% des émissions liées à la mobilité locale entre le lundi et le vendredi. Selon une étude de l’ADEME en 2015, le télétravail permettrait de réduire d’environ 30% l’impact environnemental. Alors le télétravail et l’écologie seraient donc de bons amis ? Ce n’est pas si simple !

 

Augmentation des micros déplacements

Selon la dernière étude de l’ADEME, un jour de télétravail par semaine correspondrait à une réduction de 69% du volume des déplacements. L’enquête explique que le trajet domicile – travail est souvent marqué par plusieurs étapes comme le fait d’aller déposer les enfants à l’école ou de passer à la boulangerie. Cependant, ces trajets sont maintenus dans une journée de télétravail. En période de télétravail, les travailleurs auront donc plus tendance à réaliser des déplacements en étoile et non plus en boucle, induisant plus d’aller-retours.

 

Utilisation de moyens de transport plus respectueux

Même si les déplacements paraissent accentuer par le télétravail, il faut savoir que la plupart d’entre eux sont réalisés à vélo ou à pieds, puisque ce sont des déplacements de proximité. De plus, on note un accroissement de l’attractivité pour les transports en commun qui paraissent plus soutenables lorsqu’ils sont réguliers et courts. L’aspect écologique du télétravail se retrouve donc dans ce cas de figure, où les déplacements en voiture sont réduits limitant ainsi la pollution.

personne à vélo
Ville photo créé par ArthurHidden – fr.freepik.com

 

Relocalisation des employés en télétravail

La possibilité de travailler de chez soi pousse un certain nombre de personnes à aller s’installer plus loin de leur lieu de travail, notamment dans des résidences plus excentrées. Ces zones sont potentiellement moins desservies. Ce qui peut augmenter les distances à réaliser en voiture. Pour l’instant, l’ADEME ne tire pas de conclusion sur ce sujet, et l’impact reste neutre faute de pouvoir être étudié.

 

Des entreprises qui polluent moins ?

Les locaux déserts (ou presque) des entreprises permet de réduire considérable les diverses consommations : économie d’énergie, de fournitures, d’encre, de papier, allongement de la vie de certains équipements au repos… Alors sur le papier, c’est vrai que c’est joli, mais que se passe-t-il chez les télétravailleurs ?

Il est difficile de savoir réellement si les employés réalisent réellement des économies d’énergie en travaillant depuis leur domicile. En effet, la consommation en énergie a forcément augmenté chez les employés travaillant depuis chez eux. Il reste cependant difficile de savoir si leur activité à domicile est plus polluante que sur le lieu de travail.

Cependant l’ADEME souligne qu’une prise de conscience générale se fait sentir auprès des télétravailleurs. Cela a par exemple permis l’accroissement des commerces de proximité (43% pour les télétravailleurs contre 27%) ou une réduction du gaspillage.

 

Pollution numérique : télétravail, ennemi juré de l’écologie

Certes, les voitures polluent moins en période de télétravail, cependant une autre pollution augmente quant à elle : la pollution numérique, responsable de 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Le télétravail participe fortement à l’augmentation de ces émissions pour plusieurs raisons.

personne en plein télétravail

 

Fabrication des outils informatiques

Selon les experts indépendants Green IT, nous devons le plus de la pollution numérique en France à la fabrication et aux ressources utilisées. Les phases d’extraction et de transformation de ces matériaux émettent énormément de CO2. L’ADEME chiffre dans son rapport de 2019 le poids de la fabrication d’un ordinateur à 124kg de CO2.

Les experts pointent du doigt la multiplication des appareils électroniques, et cela s’amplifie avec le télétravail. En effet, les entreprises ont dû équiper leurs employés d’ordinateurs portables afin qu’ils puissent télétravailler ce qui fait augmenter l’empreinte écologique de chaque individu.

 

Une connexion polluante

Il est également nécessaire de garder en tête que les infrastructures réseau permettant l’accès à internet sont également alimenter. Une autre chose importante, c’est vos données, vos mails, vos vidéos, vos jeux, et également celles de l’entreprise maintenant ! Les data center sont alimenter avec de l’électricité, elle-même alimentée en grande majorité par le charbon. Et le charbon, qu’est-ce que c’est ? Une énergie fossile, ultra polluante.

 

L’impact carbone des mails

Dans une période où les contacts sociaux sont limités, une grande partie des personnes passent par les emails pour communiquer, notamment au sein des entreprises. Pour donner un ordre d’idée, un mail avec une pièce jointe d’1MO produit 19g de CO2, soit la même émission qu’une ampoule allumée depuis 1h. Mais ce n’est pas seulement l’envoi en réseau de mail qui vient polluer notre planète, c’est surtout le stockage de ces derniers sur les data center justement. Ainsi, si vous voulez faire une première action pour la planète, vous pouvez commencer par vider votre boîte mail !

homme montrant du doit le signe @

 

On se fait une visioconférence ?

Il a bien fallu trouver comment remplacer les réunions physiques. Les visioconférences, déjà répandues au sein des entreprises pour discuter avec des collaborateurs éloignés, sont devenues indispensables. Et cela au grand regret de la planète. Selon Thierry Leboucq, le fondateur de Greenspector, « une minute de conférence émet 1g de CO2 ». Dans son rapport, l’ADEME calcule l’impact global des visioconférences dans les trois grandes sous-population de télétravailleurs. Les « réuthonien » détiennent le record avec minimum 4h de visio en plus par jour pour 11,28kg eq CO2/an/jour.

Si vous souhaitez limiter l’effet des visios sur la planète, pensez par exemple à privilégier les échanges téléphoniques, beaucoup moins énergivores.

 

L’écologie et le télétravail pourraient s’entendre, à certaines conditions…

Ainsi, ce qu’on peut retenir du télétravail, c’est que le bilan est mitigé. On se rend bien compte que le télétravail limite les déplacements de chaque individu, limitant ainsi la pollution émise par les pots d’échappement. Cependant, cette donnée reste vague puisqu’elle dépend encore de chaque individu, de ses pratiques quotidiennes et de son lieu de télétravail.

Ce qui n’est pas négligeable par contre, c’est l’impact grandissant du numérique sur l’environnement. Dans un monde où les pratiques numériques sont grandissantes, le télétravail vient encore appuyer son poids énergivore.

Des pratiques simples à appliquer en télétravail peuvent aider, à l’échelle de chaque être humain, à améliorer les choses : pensez par exemple à éteindre les lumières et profiter de la lumière du jour, à mettre vos équipements en mode « économie d’énergie », à éteindre le chauffage en mettant un gros pull, à imprimer en noir et blanc (voir à ne pas imprimer si cela est possible), à contacter vos collaborateurs par téléphone plutôt que par mail ou visioconférence… Des tout petits gestes à l’échelle d’un individu qui peuvent donner de grands résultats à l’échelle du monde.

Maelys LEFEBVRE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *