Conférence des M1 GECI “Mutations numériques des métiers de la culture : tour d’horizon”

Le 8 avril 2021, le Master 1 GECI s’est vu organiser une conférence ayant pour thème les mutations numérique des métiers de la culture, en direction des étudiants en Licence d’Information-Communication et d’Arts du spectacle. Les intervenants invités pour l’occasion étaient Laura Terminio (@lauraterminio), Yann Robin (@cursorr_), Olivier Donnadieu (@olivierdne) et Yannis Adelbost (@dadysdesign) afin de nous parler de leur parcours, de leur structure et le rôle du numérique dans leur activité.

Laura Terminio

La première intervenante, Laura Terminio, est la créatrice suisse-italienne de Ciné Capsule (https://www.cinecapsule.com/), une plateforme interactive de diffusion de festivals de films indépendants en direct. En tant que fondatrice, elle s’occupe de la partie recrutement et de la partie technique, c’est-à-dire le codage de la plateforme. Son parcours est plutôt atypique : après avoir étudié le cinéma et la psychologie à l’Université de Lausanne, elle obtient un Master en économie et en management. Ce passage d’un milieu culturel vers un milieu plus axé sur l’économie lui a permis d’avoir une vision plus large du monde.

Concernant la création de sa structure, Laura Terminio a expliqué qu’elle n’a pas suivi de cours sur les nouvelles technologies de l’information et de la communication ou sur la gestion d’une start-up. En effet, le web lui a offert des ressources pour apprendre ce qu’elle avait besoin de savoir, pour anticiper les challenges et être à même de créer son projet. Elle a indiqué que pour apprendre, il était aussi important d’observer comment fonctionnent les autres créateurs de structures du même genre, et de ne pas hésiter à leur poser des questions. Ensuite, il faut se lancer, apprendre en faisant soi-même, et ne pas oublier d’être réactif. Elle conseille un équilibre entre l’auto-apprentissage et les observations et conseils de ses pairs.

La création de sa structure est récente : Ciné Capsule est née pendant la crise de la Covid-19. En effet, elle s’est lancée dans cette aventure au début du premier confinement. À ce moment-là, elle avait quitté son job pour créer une société dans l’audiovisuel pour faire découvrir des projets innovants, mais son activité s’est stoppée net du fait de la crise sanitaire. Puisqu’il était impossible de filmer quoi que ce soit dans un contexte aussi complexe, et ce pendant une durée indéterminée, elle a décidé de faire pivoter son activité sur quelque chose qui l’intéressait depuis toute petite : les festivals de films indépendants. Pendant ces festivals, Laura Teminio raconte qu’elle a vu des films incroyables (cinéma d’auteur comme grand public), des « perles » auxquelles elle souhaitait que tout le monde puisse avoir accès. Elle a rappelé que pour tout projet, nous sommes confrontés à ce phénomène : nous avons une idée de départ, mais des situations de crise peuvent arriver, et il est capital de savoir s’y adapter.

Par rapport à son utilisation des réseaux sociaux et sa vision de la communauté qu’elle rassemble autour de sa plateforme, Laura Terminio a confié qu’elle avait la volonté de faire apprendre des choses, sans pour autant donner de leçons, car elle voit la culture et le cinéma comme un partage et non comme réservé à un groupe fermé. Les réseaux sociaux lui permettent de créer un dialogue avec les spectateurs, et considère que les échanges qu’elle a avec eux sont un véritable enrichissement mutuel. De plus, au-delà du monde du cinéma, elle a remarqué qu’il y avait eu un bouleversement notable dans le monde du numérique grâce aux différents outils et dispositifs qui sont aujourd’hui à notre disposition. Son mot de la fin :  « Nous devons co-créer ensemble, et partager nos idées. ».

 

Yann Robin

Le deuxième intervenant de la conférence, Yann Robin plus connu sous le pseudo “Cursor”, est joueur professionnel sur le jeu vidéo FIFA, dans lequel il joue pour l’équipe du LOSC (@LOSC_eSports), c’est-à-dire le club professionnel de football de Lille. Dans son cas, ce n’est pas sur un terrain de foot réel qu’il performe, mais sur les terrains virtuels. Pour devenir professionnel sur le jeu FIFA, Yann Robin s’est fait démarcher par les structures e-sportives, et a pu signer au LOSC grâce à ses performances sur le jeu, performances guidées par sa grande motivation.

Son objectif professionnel est de progresser sur la scène FIFA, car ses performances lui permettent de gagner de l’argent en fonction de ses résultats durant l’année dans les différentes compétitions FIFA. Son salaire dépend donc de ses performances.

Yann Robin accorde une grande importance aux réseaux sociaux. Tout d’abord, il est très présent sur la plateforme Twitch, qui lui permet de streamer devant des viewers ses entraînements sur FIFA. Il est aussi très présent sur Twitter, car comme pour Twitch, la plateforme lui permet de former une communauté autour de lui qui aura envie de le suivre en tournoi. Pour l’aider, c’est sa structure qui relaie ses résultats et cela lui permet d’agrandir sa communauté sur son compte personnel et ainsi gagner en visibilité. Il est donc de plus en plus sollicité pour des partenariats, un peu comme un influenceur.

Une journée type pour Yann Robin est simple : contrairement à ce que l’on pourrait croire d’un joueur qui gagne sa vie grâce aux jeux-vidéos, il est très encadré. D’abord, il s’entraîne dans les locaux de sa structure afin d’avoir le meilleur matériel à sa disposition. Mais cet entraînement ne s’arrête pas là : il doit aussi entraîner son corps, mais aussi son mental, un élément essentiel pour être performant sur FIFA où il y a une énorme concurrence.

Cependant, la vie de joueur professionnel n’est pas que performances et entraînements. En effet, il y a aussi des moments exceptionnels qui résultent de ce travail acharné. Yann Robin nous a raconté qu’il a eu la chance d’être invité à Clairefontaine, le lieu où l’équipe de France de football professionnel séjourne et s’entraîne, dans le but d’être sélectionné pour représenter durant un an l’équipe de France FIFA e-sportive. Il a donc fait partie des cinq joueurs retenus sur seize candidats grâce à leur performance durant ce séjour pour représenter leur pays ! Bravo Cursor.

Toutefois, il y a quand même des inconvénients à être joueur professionnel FIFA. Comme nous l’avons dit précédemment, du fait de ses performances et de sa présence sur les réseaux sociaux, Yann Robin est devenu un personnage public. Il doit donc faire face à beaucoup de critiques quand la performance sur le jeu n’est pas au rendez-vous…

Pour terminer sur une note positive, il conseille de ne jamais rien lâcher, d’avoir confiance en soi, de ne pas hésiter à se lancer. Selon lui, les gens ont trop souvent peur de se faire juger, mais même s’il y aura toujours des personnes pour vous mettre des bâtons dans les roues, il faut avancer et tester pour réussir.

 

Olivier Donnadieu

Le troisième intervenant de la conférence, Olivier Donnadieu, est le co-fondateur, brand manager, et directeur de 1863 (http://1863.fr/), un média spécialisé dans la culture urbaine, via notamment la musique et le graphisme. Ce média a été fondé par huit personnes, et rassemble maintenant une vingtaine d’acteurs. Le rôle d’Olivier Donnadieu dans ce média est double : d’abord, il y a la partie stratégie et gestion de projet, management des contenus et la plateforme, et l’organisation du travail ; et la partie direction artistique, c’est-à-dire donner de la cohérence à 1863, réaliser les créations publicitaires et les shooting photos. Son parcours est polyvalent : après le bac, il se tourne vers le graphisme et décide de suivre un DUT MMI (Métiers du Multimédia et de l’Internet) pendant un an, puis s’oriente vers un autre DUT axé Information-Communication pour connaître les métiers de ce domaine. Ensuite, il obtient un Master à l’ISCOM (école de communication et de publicité). D’après lui, son parcours est un atout, car la polyvalence est importante pour savoir jongler entre les projets numériques.

En ce qui concerne la création de sa structure, Olivier Donnadieu rappelle qu’il faut avoir accès à des bases de données solides pour pouvoir faire des recherches, mais que créer une structure est surtout un état d’esprit. En effet, n’importe qui peut être amené à créer un projet, et cette démarche est facilitée en créant une auto-entreprise (démarche peu coûteuse), et comme Laura Terminio, il recommande de compléter ses connaissances avec les ressources offertes par Internet. Selon lui, il est important de se former dans le domaine de la communication, car pour la plupart des secteurs du numérique, et en particulier pour les médias, il y a un grand besoin de savoir communiquer autour du projet que l’on construit.

Concernant le dernier projet du média 1863, le but était de réunir des petits artistes dans l’objectif de les faire découvrir au grand public et ainsi les pousser au devant de la scène rap. Ce projet à pour nom Tambora : c’est une mixtape de ces artistes qui est disponible sur toutes les plateformes de streaming.

Le point négatif que souligne Olivier Donnadieu dans la création d’un projet musical, c’est le fait d’avoir  des idées mais de ne pas avoir le budget ou la motivation pour le réaliser. Cependant, grâce au numérique, on est en capacité de diffuser de la musique gratuitement sur la terre entière, et de trouver facilement des gens qui ont du temps et des compétences pour réaliser des projets (c’est le cas pour la mixtape). Le numérique lui permet aussi de toucher des milieux qu’il n’aurait pas pensé toucher.

Les mutations du numérique qu’a pu observer Olivier Donnadieu à travers son métier viennent à travers l’écoute des musiques de manière légale via les différentes plateformes de streaming. Il y a quelques années, les artistes avaient peur de ce que l’on appelle le “tout-numérique” (disparition des disques, des concerts…). Finalement, les artistes qui se sont fait connaître via Internet transitionnent vers le réel sans le supprimer, faisant disparaître cette crainte.

Pour lui, créer un projet c’est aussi savoir prendre sur soi et être auto-critique, accepter la critique, et demander des avis pour rebondir.

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